Bordeaux muscle son plan pour sauver le commerce de centre-ville

Rue commerçante animée d'un centre-ville français avec terrasses et commerces

À Bordeaux, la mairie vient de dévoiler un plan de soutien au commerce de centre-ville, après un constat chiffré difficile à ignorer : le taux de vacance commerciale est passé de 4,5 % en 2018 à 7,6 % en 2024. Six mois après son élection, le maire Thomas Cazenave a présenté le 12 octobre les grandes lignes de sa politique commerciale, qui doit toucher un secteur représentant environ 40 000 emplois dans la métropole.

Plutôt qu’une simple opération de communication, la municipalité mise sur des outils concrets : une structure foncière dédiée, un dispositif de fidélisation locale, et une refonte des démarches administratives pour les commerçants.

Une foncière commerciale pour reprendre la main sur les locaux vides

La mesure la plus structurante du plan est la création d’une foncière commerciale, une structure publique qui doit permettre à la ville d’acquérir certains locaux stratégiques, notamment via un usage ciblé du droit de préemption commercial. L’objectif est d’éviter que des emplacements centraux restent vides pendant des mois, voire des années, faute de repreneur solvable ou de propriétaire motivé pour baisser son loyer.

En parallèle, une taxe sur la vacance commerciale entrera en vigueur au 1er janvier 2027. Les recettes seront fléchées vers la rénovation des rues commerçantes concernées, avec l’idée que les propriétaires qui laissent un local fermé trop longtemps participent au financement de l’attractivité du quartier.

Cashback local et simplification administrative pour les commerçants

Autre volet du plan : un système de cashback local, testé avec la CCI Bordeaux Gironde, pour récompenser les habitants qui achètent chez les commerçants de la ville plutôt qu’en ligne ou dans les zones commerciales périphériques. Le taux de remise, le financement et la liste des enseignes participantes restent encore à préciser, mais le principe rejoint une tendance observée dans plusieurs villes moyennes qui cherchent à défendre leurs centres-villes face à la concurrence du e-commerce.

Sur le plan administratif, la mairie a annoncé une concertation immédiate avec les organisations professionnelles pour réécrire entièrement le règlement d’occupation du domaine public et fixer une tarification simplifiée pour les terrasses et les étalages. Un Conseil du commerce bordelais, associant ville et chambres consulaires, doit aussi se pencher sur un sujet souvent négligé : la transmission des fonds de commerce, qui pèse lourd quand un commerçant part à la retraite sans successeur identifié.

Ce que le plan change concrètement

  • Stationnement gratuit : 30 minutes en surface, 2 heures en parking souterrain, pour faciliter les achats rapides en centre-ville.
  • Propreté renforcée : nettoyage accéléré des trottoirs avec un circuit de signalement prioritaire pour les rues commerçantes.
  • Révision du plan local d’urbanisme pour limiter l’implantation de nouvelles zones commerciales mono-activité en périphérie.
  • Animations commerciales toute l’année : marché de Noël aux Quinconces, fêtes d’été et parcours thématiques avec l’office de tourisme.

Une préoccupation partagée par d’autres villes

Bordeaux n’est pas un cas isolé. D’autres communes cherchent, à leur échelle, à redonner vie à leurs rues commerçantes : à Muret, une braderie des rues pavées mobilise régulièrement les commerçants du centre-ville, tandis qu’Alençon organise sa propre braderie de rentrée pour redynamiser son centre-ville. Des communes plus petites misent sur d’autres leviers : à Larchamp, c’est une application numérique qui relie habitants, mairie et commerces du village pour maintenir le lien avec les commerçants de proximité.

Ces initiatives, qu’elles passent par la pierre, la fiscalité ou le numérique, partagent un même constat : sans intervention volontariste, les centres-villes peinent à résister à la double pression du e-commerce et des zones commerciales périphériques. Retrouvez d’autres initiatives locales et bons plans shopping sur le site, ainsi que nos astuces pratiques au quotidien.

Questions fréquentes

Pourquoi Bordeaux lance-t-elle ce plan maintenant ?

Le taux de vacance commerciale a presque doublé entre 2018 et 2024, passant de 4,5 % à 7,6 %. Face à cette dégradation, la nouvelle municipalité a choisi d’agir dès sa première année de mandat plutôt que d’attendre une aggravation de la situation.

Qu’est-ce qu’une foncière commerciale ?

C’est une structure, généralement publique ou semi-publique, qui achète des locaux commerciaux stratégiques pour les proposer à la location à des conditions maîtrisées, afin d’éviter la vacance prolongée ou l’implantation d’activités jugées peu adaptées à un centre-ville.

Le cashback local sera-t-il disponible rapidement ?

Non, le dispositif est encore en phase de test avec la CCI Bordeaux Gironde. La ville n’a pas encore précisé de date de lancement, le taux de remise applicable ni la liste des commerces participants.

Sources

Ville de Bordeaux — Les priorités de la Ville pour soutenir la vitalité du commerce et de l’artisanat

Bouger à Bordeaux — Bordeaux : foncière, cashback, travaux… ce que prévoit le plan pour les commerces

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By Romain Blanchard

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